Au moment d’écrire cette lettre nous ne savons pas encore si cette succession de canicules va bientôt finir et nous ne savons pas non plus quand reviendra la pluie. Quand nous recevions des alertes sur la biodiversité en danger on était loin d’imaginer qu’elles seraient suivies d’une hausse des températures jamais vue auparavant avec pour conséquences immédiates la multiplication des incendies et peut-être bientôt la mortalité des nombreux arbres que l’on voit roussir dans nos campagnes. La biodiversité n’est plus en danger : elle est en péril avec le vivant qui semble avoir disparu de notre environnement. Mais qui fait la relation entre la disparition du vivant et le changement du climat ? Et pourtant le sentiment étrange et inquiétant d’une menace qui pèse sur notre destin s’invite dans nos conversations et au hasard de nos rencontres. Faut-il que nous ayons oublié notre dépendance au vivant pour ne pas voir dans, cet été caniculaire, les effets d’une nature que nous avons mis à bout...
Mémoire fruitière en Pays de Retz