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Lettre février 2025

Venez fêter le premier anniversaire du Verger en participant à l’assemblée générale :


Lundi 10 février 2025 à 19h :

ASSEMBLEE GENERALE

Mémoire Fruitière en Pays de Retz 


À l’éco domaine La Fontaine rue des Noëlles à Pornic 


Ce sera l’occasion de faire le bilan d’une année de fonctionnement, de profiter de ce moment d’échange privilégié pour vous présenter les évènements de 2025 et répondre à vos questions et attentes.

Février, c’est aussi le bon moment pour prendre une adhésion valable du 1er janvier au 31 décembre :


LE VERGER ET DEJA UNE HISTOIRE :

Le début de cette nouvelle année pour le verger, est l’occasion de se rappeler son histoire déjà riche, tant le sujet s’est nourri de notre humus commun. Le texte qui suit est écrit par Mathieu David, membre de notre conseil collégial et concepteur du Verger Patrimonial. Il parait dans le numéro 56 du semestriel « Fruitier et Patrimoine Vivant » dirigé par Evelyne Leterme (dont il est question à la fin de cette lettre)

Récit d’un verger en Permaculture


Laissez-moi vous conter l’histoire d’un verger singulier, où les arbres fruitiers sont prétextes à nous reconnecter à un essentiel ; connaitre son territoire, son paysage, sa Nature, pour aller vers un avenir serein et harmonieux avec le vivant qui nous entoure. Durant ce voyage, vous verrez en quoi un verger, pensé au travers des lunettes de la permaculture, peut-il être une réponse aux enjeux alimentaires de notre époque.

Une aventure collective


Cette histoire commence à l’été 2023 quand un collectif Pornicais (44) se rassemble avec un projet fou : proposer la création d’un verger conservatoire au budget participatif du département de Loire-Atlantique. Cinq mois plus tard et grâce aux habitants du département, c’est avec une parcelle agricole mise à disposition par la Mairie de Pornic, une subvention de 50 000 euros et une toute jeune association créée pour l’occasion « Mémoire fruitière en Pays de Retz », que ce collectif lance la création du verger.

L’idée de départ est simple « Offrir à nos enfants les fruits de nos parents » ; c’est donc une histoire de passeur que vous découvrez là, bien déterminé à faire ce trait d’union entre l’héritage de nos aïeux et la nécessaire adaptation de nos pratiques agricoles à un monde en profonde évolution. Cela se concrétise encore plus lorsque les enfants des écoles communales sont venus planter leurs arbres ; un moment fort de sens.

Heureusement, nous ne sommes pas les premiers à entrer sur ce chemin. D’autres avant nous ont franchi le pas et nous permettent de nous inspirer. Nous sélectionnons des variétés anciennes d’arbres fruitiers adaptés à notre terroir auprès de « Mémoire fruitière des Pays de Vilaine », notre jumelle bretonne, mais aussi chez des pépiniéristes engagés dans la multiplication des variétés patrimoniales. L’enjeu est là, il s’agit de planter des arbres, mais pas n’importe comment, et c’est là où la permaculture entre en jeu.

Les enjeux d’un verger en permaculture

Planter un arbre, c’est facile, mais planter des arbres avec pour ambition qu’ils s’adaptent à un climat et un environnement qui changent, cela demande de se poser plusieurs questions. Comment assurer la ressource en eau ? Comment répondre à tous les besoins d’une grande diversité d’arbres (pêcher, abricotier, pommier, poirier, etc..) sur une faible surface ? Comment assurer une bonne pollinisation et la fertilité du sol ? La permaculture est une science du « Ici » et la conception est toujours contextuelle.

Notre terrain de jeu de 3 500 m² jouxte un tout nouveau quartier d’habitation sur la commune de Pornic. C’est une prairie permanente qui n’a plus été cultivée depuis au moins 15 ans, avec un sol limono-sableux profond d’au moins 1m20 : idéal pour planter des arbres fruitiers ! Bordé de tous les côtés par des haies bocagères (chênes, frênes, prunellier, ronce) sauf au sud, le terrain offre un dénivelé orienté vers le nord.

Plantons la pluie

Nous plantons un verger pour 50 ans minimum, et ces arbres verront donc l’an 2070 avec son lot de changements. Pour assurer la ressource en eau dans ce système, nous utilisons les outils de l’hydrologie régénérative avec pour objectif de garantir les besoins en eau de nos arbres. Pour cela, nous créons des mares ; 2 au total pour une capacité de 170 m3 dans la partie basse du terrain. Ces mares seront approvisionnées par un réseau de 6 baissières, pouvant stocker 135 m3 d’eau. Une baissière est un fossé sur courbe de niveau, et de ce fait, l’eau de ruissellement se retrouve captée par ces ouvrages, favorisant ainsi son infiltration dans le sol, luttant contre l’érosion et la fuite de cette ressource. Les baissières sont implantées en parallèle les unes aux autres à une distance moyenne de 7 m et formeront les futures lignes d’arbres, donnant au paysage du verger un aspect organique, intégré à la topographie du site. En totalité, ce sont 305 m3 de capacité de stockage d’eau, soit près de 20% des précipitations hivernales sur le terrain. En ajoutant la réserve utile du sol (sur 60 cm), ce sont 325 m3 supplémentaires que le terrain capte en eau, soit près de la moitié des pluies de novembre à mars.

La réalisation de la baissière permet la formation d’un talus en aval sur lequel nous avons planté les arbres fruitiers. La synergie recherchée entre l’arbre et la baissière est simple puisque l’eau captée durant l’hiver s’infiltre progressivement au printemps dans le talus, offrant aux arbres un apport constant et mesuré, jusqu’à juillet, et une humidité relative plus importante durant l’été. C’est une pousse végétative plus rapide et une garantie pour une vie du sol plus abondante et donc plus de minéralisation pour l’approvisionnement des arbres en oligo-éléments.

Jouons avec les microclimats

La deuxième grande dimension du design de ce verger a été la gestion des microclimats, actuels, mais aussi à venir une fois les arbres adultes. Nous voulions le maximum de diversité spécifique dans le verger. Or les besoins en chaleur, lumière et surtout d’hors gel varient beaucoup entre les espèces et entre les variétés. Toute l’astuce du design a été de jouer avec la pente naturelle du terrain et le port final des arbres. Naturellement, le terrain offrait une poche de gel probable en avril-mai dans sa partie basse, accentuée par la haie qui vient bloquer la masse d’air froide. De ce fait, la moitié basse de la prairie a été plantée uniquement de variétés fleurissant à la mi-mai au plus tôt.

Sur la partie haute du terrain, exposée plein sud, nous avions naturellement un piège à chaleur que la plantation de notre verger viendra accentuer avec des arbres ponctuellement conduits en demi-tige. Avec une disposition judicieuse de ces demi-tiges, nous formons un espace en demi-cercle uniquement constitué d’arbres en quart de tige sur la partie sud du verger. Ici, nous avons concentré les abricotiers, les pêchers et les pruniers du verger, qui bénéficieront d’une poche de chaleur plus à même de faire murir leurs fruits.

Sur le reste de la partie haute, ce sont toutes des variétés avec une floraison de courant mars et avril, limitant ainsi le risque de gelée tardive pouvant survenir jusqu’à mi-avril sur notre façade atlantique.

La Nature nous aide

Le dernier point important du design permet les services écosystémiques sur la parcelle, au bénéfice de la pollinisation, de la fertilité et de la protection des fruitiers. L’élément central de cette démarche est la haie sous-arbustive qui vient compléter toutes les lignes d’arbres, composée à 33% d’espèces fixatrices d’azote (Goumi du Japon, Argousier, Eleagnus, Genet, Caraganier). Ces haies intercalaires permettent de fournir de la biomasse et de l’azote sous forme d’exsudat racinaire grâce à une taille régulière. Leur présence engendrera la création de plusieurs niches écologiques, indispensables à la venue d’oiseaux et insectes faisant ainsi de la biodiversité une alliée précieuse du verger. Outre la capacité à polliniser les fleurs grâce à certains insectes, toutes cette faune viendra réguler les potentiels ravageurs de nos fruitiers.

Conclusion

Nous sommes au balbutiement de cette histoire et l’avenir nous dira si notre design est juste.

Il nous reste encore plusieurs éléments à venir compléter, comme la plantation de fruitiers sauvages dans les haies existantes, apportant ainsi de la diversité génétique.

De même que nous avons prévu un petit espace pépinière pour multiplier nos variétés à terme. Une chose est certaine, nous avons installé ici un petit agro-système fruitier qui n’attend plus que la Nature vienne s’en emparer, car la meilleure permacultrice en la matière, c’est elle.

Le Verger Patrimonial, c’est aussi le partage des connaissances . Alors quand les propriétaires d’un vieux verger rencontrent Mémoire Fruitière en pays de Retz, pourquoi ne pas proposer aux adhérents de participer à un :

ATELIER TAILLE DE POMMIERS

Pour :

Les adhérents de MFPR


CE QUE VOUS ALLEZ APPRENDRE :

  • Sauver un arbre du dépérissement naturel

  • Accompagner l’arbre en respectant son port naturel

  • Les différents types de taille

  • Faire une taille de restructuration

  • Choisir les bons outils


LES SAMEDI 8,15 et 22 MARS 2025

DE 9H30 À 16H30

À LA PLAINE SUR MER

(adresse avec l’inscription sur helloasso)


ADHESIONS ET INSCRIPTIONS sur :

https://www.helloasso.com/associations/memoire-fruitiere-en-pays-de-retz et sur place à l’AG.

A l’inscription il vous sera demandé une participation financière dont le montant est libre.


MATÉRIEL ET TENUE VESTIMENTAIRE :

Gants de jardinage

Sécateur et scie arboricole

Vêtements confortables et chauds

Bottes ou chaussures robustes

Nous fournirons échelles sécateurs et scies selon les besoins.


PLANNING DE LA JOURNÉE :

9h30 : Accueil et café/thé/boissons 13h30 : Poursuite de la taille

10h00 : Taille dans le verger 16h00 : Clôture de la journée

12h00 : Pique-nique avec abri 16h30 : Fin

selon les conditions météo


QU’EST-CE QU’UNE TAILLE DE RESTRUCTURATION ?

La taille de restructuration n’intervient que sur des arbres âgés (25-30 ans et plus) et qui n’ont pas été entretenus depuis au moins 10 ans. Le but recherché est de redonner de la vigueur à un arbre entré dans sa phase de dépérissement.

Cette taille s’opère en 3 ou 4 ans pour, à terme, avoir provoqué le renouvellement complet des charpentières.

En premier on supprime tout le bois mort et les branches malades (chancre bien souvent) , puis on élimine 1/3 de la ramure en coupant les branches maitresses. Avec cette taille sévère on espère provoquer l’apparition de gourmands qui seront sélectionnés pour devenir de nouvelles charpentières. Au bout de 3 à 4 ans , l’ensemble des charpentières aura été renouvelé sans que la vie de l’arbre ne soit mise en danger et sans interrompre sa production fruitière.

« Quand aura commencé février, tu pourras tailler tout arbre fruitier. »


COMMENT NOTRE VERGER EST-IL EN PASSE DE DEVENIR UNE FORET COMESTIBLE ?

Nous avons rencontré Evelyne Leterme à Redon, au printemps dernier, où elle était invitée par Mémoire Fruitière des pays de Vilaine pour une conférence sur la haie fruitière multi-strates dans les vergers agro écologiques :


La haie multi-strates, non pas pour faire joli, bien que ce soit un des résultats le plus voyant, mais pour son pouvoir de résilience face à toutes les agressions possibles dont sont victimes nos écosystèmes malmenés par des pratiques responsables de l’érosion de la biodiversité.

La biodiversité, amie du verger (voir le livre d’Evelyne Leterme qui porte ce titre) : voilà que nous avions, servie sur un plateau, la méthode qui collait parfaitement avec notre ambition : créer un espace naturel où l’homme interagis avec le milieu sans lui porter atteinte. Le pari que nous faisons avec le verger est que la biodiversité va s’en trouver enrichie alors même que nous allons profiter de ce que la nature nous offre.


EVELYNE LETERME, IL EST TEMPS DE VOUS LA PRESENTER :

Fondatrice du Conservatoire Végétal d’Aquitaine auquel elle a consacré toute sa carrière professionnelle et aujourd'hui formatrice en arboriculture fruitière agroécologique, formée en génétique , sélection des plantes et ethnobotanique, Evelyne Leterme est aussi l’actuelle présidente de l’association Fruitiers et Patrimoine Vivant (le semestriel dans lequel est paru l’article de Mathieu).Elle se consacre à la transmission de ses connaissances et à l’accompagnement de plantation de vergers agroécologiques. Elle mène depuis 1979 un impressionnant travail de collecte, de préservation et de diffusion du patrimoine fruitier du Sud-Ouest, ressources majeures de biodiversité. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages de référence : Les Fruits retrouvés, patrimoine de demain (1995), De la taille à la conduite des arbres fruitiers (2005), Le Greffage et la plantation des arbres fruitiers (1988) ou encore La Biodiversité amie du verger, (2014).



Evelyne Leterme a répondu à notre invitation et sera parmi nous le 8 mai 2025

pour une conférence :

LE PATRIMOINE VEGETAL REGIONAL ET LES VERGERS AGROECOLOGIQUES

qui se tiendra à l’Eco Domaine la Fontaine , rue des Noëlles à Pornic, à 18h30,

dans le cadre de l’Eco Festival « Faites du Vivant »

Evelyne Leterme nous entretiendra sur l’importance de conserver le patrimoine fruitier, que sont les anciennes variétés, comme ressource pour demain pour produire des fruits sains sur des arbres en bonne santé en tenant compte des dernières connaissances sur le sujet (sol, microbiologie, associations racinaires, conduite des arbres, associations de plantes, abri et nourriture des insectes, etc.) à travers de multiples photos de paysages et de vergers.

La salle a une capacité de 60 personnes, inscrivez-vous ! :

(Lors de votre inscription il vous est demandé une participation libre et consciente aux frais)

https://www.helloasso.com/associations/memoire-fruitiere-en-pays-de-retz/evenements/conference-d-evelyne-leterme et sur place à l’AG.

A bientôt au Verger !

Rédacteur : Mathieu et Michel